Flocons & céréales non maltées
En complément du malt de base, les flocons et céréales non maltées permettent d'ajuster la texture, la mousse, le trouble, la sécheresse ou le profil céréalier d'une bière. Ils sont très utiles, mais demandent quelques précautions d'empâtage et de filtration.
À quoi servent les flocons ?
Texture et corps
Avoine, blé, orge et seigle augmentent la sensation de rondeur, de douceur ou d'onctuosité.
Mousse
Les céréales riches en protéines peuvent améliorer la tenue de mousse, surtout à dosage modéré.
Trouble ou limpidité
Blé et avoine favorisent le trouble des blanches et NEIPA. Riz et maïs allègent au contraire le corps.
Profil de style
Tripel aux céréales, oatmeal stout, rye IPA, bière blanche, cream ale ou lager légère peuvent en tirer profit.
Flocons prêts à l'empâtage ou céréales à cuire ?
La plupart des flocons vendus pour l'alimentation ou le brassage sont déjà pré-gélatinisés : les grains ont été chauffés à la vapeur, écrasés puis séchés. L'amidon est alors accessible pendant l'empâtage.
Dans ce cas, ils peuvent être ajoutés directement avec le malt concassé. Il n'est généralement pas nécessaire de les concasser : ils se désagrègent pendant l'empâtage.
En revanche, les flocons et céréales non maltées n'apportent presque pas d'enzymes. Il faut donc les associer à une proportion suffisante de malt de base enzymatique, comme pils, pale, ale ou froment malté, pour convertir l'amidon en sucres.
Dosages pratiques
Les flocons sont faciles à utiliser, mais ils épaississent la maische. Au-delà de 15 à 20 % du total de grains, la filtration peut devenir difficile, surtout avec avoine, seigle ou blé cru. La cosse de riz aide beaucoup sans apporter de goût.
| Ingrédient | Dosage courant | Effet principal |
|---|---|---|
| Flocons d'avoine | 5 à 20 % | Texture soyeuse, rondeur, trouble. Très utile en oatmeal stout et NEIPA. Filtration plus lente à forte dose. |
| Flocons de blé / froment | 5 à 30 % | Mousse, trouble, douceur céréalière. Courant dans blanches, witbier, saisons et bières houblonnées troubles. |
| Flocons d'orge | 3 à 15 % | Corps, grain, mousse. Intéressant pour stouts, bitters, bières anglaises ou recettes cherchant plus de tenue. |
| Flocons de seigle | 3 à 15 % | Texture dense, note épicée, finale plus rustique. Peut rendre la filtration très collante. |
| Flocons de maïs | 5 à 30 % | Allège le corps, donne une bière plus sèche et plus claire, avec une légère douceur céréalière. |
| Flocons de riz | 5 à 30 % | Très neutre, allège le corps et la couleur. Utile pour lagers légères ou bières très sèches. |
| Cosse de riz | 2 à 5 % | N'apporte pas de sucres. Sert uniquement à créer un lit filtrant plus aéré quand la recette est visqueuse. |
Caractéristiques par céréale
Les températures ci-dessous sont des repères de gélatinisation de l'amidon. Elles varient selon variété, mouture et traitement préalable.
- Orge (environ 60-65 °C) : goût de grain, corps, protéines favorables à la mousse.
- Froment / blé (environ 52-66 °C) : protéines, mousse, trouble, touche céréalière douce et parfois légère acidité perçue.
- Avoine (environ 52-64 °C) : texture soyeuse, rondeur, trouble, sensation crémeuse.
- Seigle (environ 57-70 °C selon sources et forme) : caractère épicé, corps dense, forte viscosité.
- Maïs (environ 62-74 °C) : allège le corps et la couleur, réduit la dominante maltée.
- Riz (souvent 68-80 °C, parfois plus selon type) : très neutre, sèche et allège la bière.
Protocole de gélatinisation des céréales crues
Les céréales crues ou non précuites doivent être hydratées et chauffées pour rendre leur amidon accessible. On parle souvent de cuisson des céréales ou de cereal mash. Ensuite, le malt de base convertit cet amidon pendant l'empâtage principal.
- Concasser ou broyer les céréales crues si elles sont entières. Les flocons pré-gélatinisés n'en ont généralement pas besoin.
- Mélanger avec de l'eau dans une casserole pour obtenir une bouillie fluide. Compter cette eau dans le volume total d'empâtage.
- Chauffer doucement jusqu'à la plage de gélatinisation, puis maintenir 10 à 20 minutes en remuant pour éviter que cela attache.
- Pour riz ou maïs crus, une cuisson plus franche voire une courte ébullition peut être nécessaire pour bien éclater l'amidon.
- Ajouter à la maische avec le malt de base, puis tenir un palier saccharification classique autour de 63 à 68 °C.


Filtration : éviter la maische collante
Les problèmes de filtration viennent surtout des bêta-glucanes, des protéines et de l'absence d'enveloppe solide sur certaines céréales. Avoine, seigle, blé cru et fortes doses de flocons peuvent former une maische compacte.
- Limiter les flocons à 5-15 % pour une recette simple, ou prévoir de la cosse de riz si l'on monte plus haut.
- Éviter de brasser trop finement les grains avec beaucoup de céréales nues.
- Rincer doucement et ne pas compacter le lit filtrant.
- Prévoir 2 à 5 % de cosse de riz pour les recettes riches en avoine, seigle ou blé.
Palier bêta-glucanes (facultatif)
Utile surtout avec avoine, seigle, blé cru ou fortes proportions de céréales non maltées.
Les bêta-glucanes sont des gommes naturelles présentes dans les parois du grain. En excès, elles rendent la maische visqueuse et compliquent la filtration. Elles sont partiellement dégradées pendant la modification du malt, mais les céréales crues ou peu transformées peuvent en conserver beaucoup.
La bêta-glucanase agit surtout autour de 40 à 45 °C et devient rapidement moins efficace quand la température monte. Un palier de 10 à 15 minutes à environ 45 °C peut donc aider, à condition de ne pas le prolonger inutilement.
Ce palier n'est pas obligatoire pour quelques pourcents de flocons. Il devient intéressant si la recette contient beaucoup d'avoine, de seigle, de blé cru ou si vous avez déjà rencontré des filtrations bloquées.
Pour aller plus loin (en anglais) : Braukaiser — Starch Conversion.